Il existe de bonnes raisons pour lesquelles l’E-ID représente une évolution dangereuse !
Une obligation rampante se dessine clairement.
Bien que la Confédération présente l’E-ID comme volontaire, divers projets de loi, discussions politiques et en particulier la loi fédérale sur l’E-ID (BGEID) indiquent une obligation progressive.
La nouvelle loi sur la protection de la jeunesse impose une vérification de l’âge pour tous les utilisateurs de plateformes vidéo et de jeux (et une interdiction des réseaux sociaux pour les jeunes impliquerait une obligation de carte d’identité pour toutes et tous). Une initiative au Parlement exige l’identification de tous les commentateurs sur les sites d’information, le projet d’ordonnance VÜPF prévoit que les messageries comme Threema identifient leurs utilisateurs, et actuellement même l’eCollecting (collecte de signatures en ligne) ne serait possible qu’avec une E-ID.
Particulièrement choquant est l’article 31 de la BGEID, qui autorise les cantons à percevoir des frais pour l’accompagnement personnel (prestations sur place) lors de la délivrance de l’E-ID. C’est une discrimination financière claire à l’encontre des personnes à faible revenu ou ayant des limitations de santé.
De facto, l’E-ID devient progressivement une condition pour utiliser Internet et exercer des droits démocratiques, ce qui remet en question sa prétendue « volontarité ».
Cela menace également l’inclusion numérique de toutes les personnes du pays, en particulier des enfants, des seniors et des sans-papiers.
Il existe déjà des solutions pour les services administratifs.
Beaucoup des arguments avancés en faveur de l’E-ID ne résistent pas à un examen critique.
Les services administratifs comme les déclarations d’impôts, les demandes de permis de construire ou les bons de crèche peuvent déjà être traités via la solution AGOV, développée par la Confédération et les cantons.
Contrairement à l’E-ID, AGOV est entièrement public et indépendant des entreprises privées comme Google ou Apple. Nous n’avons pas besoin d’une E-ID pour cela.
Ce qui reste : l’ouverture d’un compte bancaire, l’abonnement à une salle d’escalade… et bien sûr l’obligation de carte d’identité sur Internet !
Intérêts commerciaux et étatiques
Le point précédent montre que l’E-ID semble conçue avant tout pour les besoins des entreprises privées. La BGEID autorise en plus les entreprises, lors de transactions, à exiger des données personnelles complètes, y compris l’image du visage.
Cela conduit à ce que des informations personnelles sensibles soient transmises à des entreprises lors de chaque simple utilisation. Des plateformes comme YouTube, Instagram ou TikTok pourraient ainsi identifier leurs utilisateurs sans doute possible, les surveiller largement, analyser et croiser les données collectées pour leurs propres buts commerciaux.
La combinaison de profils psychologiques détaillés issus des réseaux sociaux avec les données du passeport suisse serait extrêmement précieuse pour les géants de la publicité. De plus, l’E-ID faciliterait encore davantage la fraude en ligne et le vol d’identité par des cybercriminels. Dans le cas de TikTok, les données partiraient même à l’État chinois.
Les autres projets (voir point 1) visant à surveiller les actions quotidiennes au moyen de l’E-ID contribuent à banaliser le fait de devoir constamment s’identifier en ligne.
En cas d’abus de l’E-ID, la responsabilité repose entièrement sur les citoyen·ne·s : toute la charge est transférée aux individus.
Stockage inutile de données particulièrement sensibles
Lors du processus de délivrance en ligne, il faut fournir une vidéo du visage. Même lors d’une délivrance sur place, une telle vidéo peut être réalisée.
Il sera ainsi possible d’établir à l’avenir une empreinte faciale 3D. Ces données sensibles devraient être conservées jusqu’à cinq ans après l’expiration de l’E-ID.
Il existe un risque réel que ces données biométriques soient plus tard utilisées pour la reconnaissance faciale dans l’espace public, ou tombent entre les mains de criminels lors d’un incident de cybersécurité.
Cette collecte massive de données particulièrement sensibles est inutile et extrêmement préoccupante, car – contrairement à un mot de passe – un visage ne peut pas être changé !
Risque d'usurpation d'identité !
De récents incidents, où des procédures de délivrance en ligne mises en place par des banques ont été compromises par des experts en sécurité, montrent les risques graves. De la même manière, des criminels pourraient potentiellement voler et abuser massivement des identités de tous les citoyen·ne·s suisses – y compris auprès des autorités. En parallèle, les données de l’E-ID collectées par des entreprises deviendront une cible très attrayante pour les criminels.

L'e-ID est présentée comme la solution pour la Suisse numérique, alors qu'elle ne résout aucun des problèmes réels.
Elle ne remédie ni aux mauvaises stratégies numériques du Palais fédéral et des autorités, ni aux désastres informatiques. Elle détourne l'attention des erreurs structurelles, du manque de compétences numériques, des flops informatiques qui coûtent des millions et des mauvaises décisions stratégiques. En même temps, l'e-ID apporte de nouveaux risques, sans réel avantage pour nous, les citoyens.
Cette loi sur l'e-ID est un cadeau pour les géants de la technologie et pour la surveillance étatique. Rejoignez le comité citoyen et votez non à l'e-ID !