Questions fréquentes
Non.
La raison principale du rejet de l’E-ID en 2021 concernait la protection des données et la sécurité – c’est clairement indiqué par le sondage post-votation (p.30).
Ces préoccupations subsistent : il reste des faiblesses centrales, notamment la collecte inutile et excessive de données.
Le fait que ce soit maintenant l’État (partiellement) qui fournisse la solution informatique ne change rien : cela ne justifie pas une collecte démesurée de données.
Sur le papier oui, dans la réalité à peine.
L’E-ID devient la condition clé pour de nombreuses offres numériques. Plusieurs projets législatifs en font un prérequis pour des activités quotidiennes :
La nouvelle loi sur la protection de la jeunesse exige une vérification de l’âge sur des plateformes comme YouTube, Instagram ou TikTok.
Au Parlement, des propositions veulent instaurer une obligation d’identification pour les commentaires sur les portails d’information ou l’achat de billets pour des manifestations sportives.
Même l’eCollecting – la collecte numérique de signatures – ne serait possible qu’avec une E-ID.
Et : le Conseil fédéral veut même obliger tous les utilisateurs de Threema, Signal et autres plateformes de plus de 5000 utilisateurs à s’identifier.
Ce n’est pas une offre volontaire – c’est une contrainte silencieuse.
Malheureusement non.
Dès la délivrance de l’E-ID, des données hautement sensibles et totalement inutiles sont collectées, comme une vidéo du visage – à partir de laquelle une empreinte biométrique 3D peut être créée.
Ces données sensibles sont conservées – jusqu’à quinze ans !
De plus, la loi permet aux entreprises d’exiger les données de l’E-ID pour l’utilisation de leurs services. Dans le pire des cas, selon le principe : « Pas de données, pas de service ».
Ainsi, nos données vérifiées par l’État finissent chez Google, Facebook, TikTok (et donc aussi chez l’État chinois) et de nombreux autres grands groupes, où elles sont analysées, évaluées et exploitées commercialement grâce à l’IA.
C’est tout sauf de la sobriété en matière de données.
Pas vraiment.
Les procédures de vidéo-identification, comme celles prévues pour la délivrance en ligne, ont déjà été piratées massivement par le passé.
Et avec l’obligation croissante de s’identifier en ligne, de plus en plus de données vérifiées par l’État seront accumulées – une cible de choix pour les pirates.
Les deux favorisent fortement un problème majeur de notre époque : le vol d’identité.
Ni la délivrance en ligne, ni le fait que des entreprises puissent accéder librement aux données de l’E-ID ne sont nécessaires – et les deux sont dangereux.
Faux.
De nombreux services publics fonctionnent déjà aujourd’hui de manière numérique – sans E-ID. Le système AGOV est déjà utilisé avec succès, entièrement public, sans intérêts commerciaux en arrière-plan.
Déclarations d’impôts, demandes de permis de construire ou bons de crèche peuvent y être traités en toute sécurité et sans E-ID. L’E-ID prévue n’apporte aucun avantage réel – seulement de nouveaux risques.
Pas vraiment.
Certes, le processus a été présenté comme participatif et, par exemple, le Parti Pirate a été invité comme expert dans la commission juridique du Conseil national.
Mais dans les organes décisifs, les autorités et les représentants de l’économie étaient fortement surreprésentés. Leurs intérêts se sont donc imposés, et les lignes rouges de la société civile ont été clairement franchies. Le résultat est une E-ID qui ne protège pas suffisamment les données, mais qui devient un passeport de collecte de données pour les entreprises.
Non.
Contrairement aux attentes envers un système numérique étatique, la nouvelle E-ID n’est pas entièrement open source. Même les documents d’appel d’offres pour la reconnaissance faciale dans le processus de délivrance en ligne ont été soumis à une confidentialité inédite.
Or, pour un passeport numérique, il faut une transparence totale – et celle-ci fait défaut.
En principe, oui.
Mais il achète quand même des systèmes externes, comme la reconnaissance faciale pour la délivrance en ligne. L’appel d’offres a été mené sous le sceau du secret le plus strict et il faudrait obtenir les documents par voie judiciaire.
Avec l’E-ID, trop de données sont collectées inutilement – peu importe que ce soit l’État qui soit officiellement l’émetteur.
Une e-ID sécurisée et économe en données serait techniquement facile à mettre en place, sans reconnaissance faciale ni accès par les grandes entreprises. Grâce à l'AGOV, nous n'avons pas besoin de nous précipiter.
Votre « non » permettra de mettre en place une loi sur l'e-ID qui garantira le libre choix, la sécurité et la protection de notre intégrité numérique !